Jean-Baptiste CARPEAUX - 1827-1875

Lot 12
60 000 - 80 000 €

Jean-Baptiste CARPEAUX - 1827-1875


BUSTE DU PRINCE IMPÉRIAL, 1865
Plâtre original «d'état», titré «S.A. le Prince Impérial», signé «J. Carpeaux» avec l'indication «Tuileries Pâques 1865».
Pièce unique.
Haut.: 66 cm
Un dossier d'étude et de restauration de Madame Juliette Lévy-Hinstin, responsable de l'atelier sculpture à l'Institut National du Patrimoine, attestant qu'il s'agit bien d'un plâtre original d' «état» sera remis à l'acquéreur. Une copie de ce dossier peut vous être adressée sur simple demande.
Historique:
Le Prince Impérial et son chien Nero et le Buste du Prince Impérial sont les deux premières commandes réellement importantes dans la carrière de Carpeaux, celles qui vont l'établir à la fois comme le premier sculpteur du Second Empire et le principal portraitiste de la famille impériale.
L'examen de ce portrait montre qu'il est composé de trois parties, la tête, le buste proprement dit et une épaisseur de jonction de plâtre entre les deux. C'est très logique, car il est courant que lorsqu'un sculpteur «s'attaque» à un buste, il modèle d'abord la tête - qui porte le caractère et l'esprit - et ensuite le corps, non moins simple à traiter, mais plus «générique», charge à lui d'opérer la jonction entre les parties. Par ailleurs, il est courant aussi qu'il fasse d'abord une esquisse (conservée au musée d'Orsay) et des épreuves dites d'état, étapes sur lesquelles il s'appuie pour avancer son travail. Il faut préciser aussi, qu'une fois modelés en argile, matériau de création mais qui ne se conserve pas, ces essais sont confiés à un mouleur - celui de Carpeaux s'appelait
Cajani - qui va les pérenniser en plâtre. Un premier «plâtre unique» de chacun peut alors, si nécessaire, être réalisé avec destruction de l'argile dans l'opération: c'est le plâtre original.
La facture du 30 octobre 1866 du mouleur Cajani atteste de ces opérations de transformation, modèle à modèle et d'un modèle à l'autre, qui impute 4 Fr «au temps passé à l'atelier de Mr Carpeaux pour changer la tête à la statue du plâtre du prince impérial». Plus loin, on trouve 5 Fr pour «démonter de son piédouche le buste habillé du prince impérial et l'avoir remonté raccordé à la grande statue». Et aussi pour quelque 9 Fr ce qui concerne probablement le nôtre: «monter sur le piédouche et fait la gaine d'un buste habillé du prince». Tout cela atteste d'une activité intense entre le portrait en pied et le buste, activité croisée avec des transferts de tête de l'un à l'autre et une énergie créatrice bien présente dans les assemblages de parties.
Notre plâtre de la tête, blanc d'aspect et qui n'a pas été moulé, est une épreuve d'état qui a été raccordée au buste à proprement parler. Il a la couleur ivoire des agents de démoulage. Mais ce qui est le plus intéressant est cette épaisseur de jonction entre les deux, car c'est elle qui donne son inclinaison à la tête, son allure au portrait.
La présence extraordinaire du Prince, l'impression de proximité entre l'artiste et son modèle, et la finesse des détails perceptible dans le col, la lavallière et les boutonnières attestent ici de la main et de la volonté originelle de Carpeaux.
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