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En vente

Estimation : 25 000/30 000 euros.
Pierre-Eugène Montezin (1874-1946),
Les Quais à Saint-Mammès, huile sur toile, 60 x 73 cm.
Dimanche 13 mars 2011

Placides et tout bariolés, les chevaux n’attendent plus que leur attelage, dont leur gardien semble guetter la venue, pour partir en balade. Dans la même expectative, la famille est elle aussi endimanchée, accoudée à la balustrade, semblant mettre à profit ces quelques instants pour profiter d’un paysage invitant à la flânerie. Agréablement située au confluent de la Seine et du Loing, la petite ville de Saint-Mammès aligne en effet, encore visibles sur les maisons bordant les voies d’eau, les souvenirs pittoresques des mariniers. Leur trace la plus ancienne, une porte ornée d’une ancre, remonte à 1610, bien avant la percée du canal du Loing ; ce dernier, reliant Montargis afin de permettre aux bateaux naviguant sur le Loing de rejoindre la Seine, ne sera construit qu’à partir de 1719. Bref, ce cadre enchanteur avait tout pour inspirer les peintres. Parmi les premiers, installé à Moret-sur-Loing depuis 1880, Alfred Sisley arpente les berges de Saint-Mammès, toujours à la recherche du mariage idéal de l’eau, du ciel et de la lumière. En quatorze ans, il réalisera ainsi plus de deux cents oeuvres dans les environs. Pierre-Eugène Montezin n’est alors qu’un enfant. Jeune homme, il suivra lui aussi la voie de l’impressionnisme, abandonnant l’activité de décorateur à laquelle le destine son père dessinateur de dentelles, pour se tourner vers la peinture artistique. Il est reçu au Salon en 1903, mais c’est après la Première Guerre mondiale que sa peinture aux touches rythmées s’épanouit, conjointement à la reconnaissance du public. Les paysages de la région de Moret, où il passera ses vacances après y avoir vécu quelque temps, feront son bonheur de peintre.